Paris. L’Hôtel Particulier de Potocki. Quatrième partie.

L'utilisation de matériaux de ce site est autorisé seulement avec  l’accord de l’auteur.


Premier étage. 


Ces portes mènent aux chambres de Nicolas et Emmanuella… mais avant d’aller là-bas jetons un coup d'œil à l’escalier de l’étage – ça vaut la peine ! 
 

Paris. 27 Avenue Friedland, maison Potocki. Потолок галереи второго этажа.

La finition de bronze de Christofle est présente ici.
 

Ici une grande tapisserie est placée au centre, évidemment avec la partie finale de la narration de l'histoire de Moncade.
 

Les appartements de la comtesse Emmanuella étaient l’objet de l’admiration de toutes les dames du Monde parisien, par exemple la princesse Mathilde, sœur de Napoléon III, la princesse Polignac (Winnaretta Singer princesse de Polignac) et autres. Le plafond et corniches dans sa chambre à coucher avec des moulures dorées ont été peints par l'artiste russe Ernst Karlovich Lipgart. C’est un panneau admirable au sujet mythologique, sous le nom « La Nuit ». Par la suite Lipgart  est devenu conservateur de la principale galerie de peinture de l'Ermitage (1906-1929), il a écrit quelques portraits officiels de l'empereur Nicolas II et les membres de la famille Romanov. On peut voir aussi les intérieurs qu’il a peint à Saint-Pétersbourg, par exemple, le plafond de la salle du théâtre de palais Youssoupov qui est sur la Moïka. Et son père, un beau collectionneur, était le consultant chez la comtesse Stroganov et la Grande-Duchesse Maria Nikolaïevna, les aidant de rassembler leurs collections merveilleuses de peinture. La galerie d'art de Nicolas était aussi riche : il y avaient les œuvres de Raphaël , Titien, Rembrandt, Thénier. Il l’a reçue de Metchislav et ce dernier apparemment de Stanislav. En 1904 il y avait un incendie et plusieurs toiles ont brûlé…

Paris. 25 Avenue Friedland. L'hôtel Potocki. chambre de la comtesse.

La chambre à coucher de la comtesse Emmanuella Potocka. Aujourd’hui c’est le cabinet du Président de la Chambre. Je me suis assis quelque temps dans ce fauteuil… Mais s’il y avait le lit de la comtesse…
 

Les fresques d’Ernst Karlovich Lipgart sont parfaitement conservées.
 

Notamment cette « Nuit » la comtesse voyait étant dans son lit et regardant le plafond.
 

Paris. 25 Avenue Friedland. L'hôtel Potocki. chambre de la comtesse.

Les fresques de Lipgart ornent les dessus-de-porte. Ces portes menaient dans la chambre de la comtesse et celle de son mari.
 

Paris. 25 Avenue Friedland. L'hôtel Potocki. Le chambre de la comtesse.

Il y a un nombre de lustres dans le style semblable à l’hôtel. Je suppose que ce sont des luminaires originaux des temps de Potocki.
 

Est-ce une armoire ou un coffre-fort ? Passons de la chambre à coucher de la femme à la chambre de l'époux.
La photo est prise par Ludmila Golytcheva
 

Paris. 27 Avenue Friedland, maison Potocki.

Ici l’intérieur est plus sévère mais aussi raffiné…
 

Dans la chambre de Nicolas une porte dévoile la chambre de sa femme et il y a encore une, conduisant dans une pièce qui abrite aujourd’hui le secrétariat de la Chambre et on n’a pas réussi à y entrer. Par contre on est parvenu à visiter une autre pièce liée à Nicolas Potocki.
 

Париж. Дворец Николая Потоцкого. Курительная комната.

Savez-vous c’est que cette pièce où les murs sont entièrement lambrissés de bois à la sculpture d’une beauté surprenante ? Vous ne devinez jamais. C’est un fumoir ! Evidemment l'attitude envers la sécurité incendie a beaucoup changé depuis la fin du XIXe siècle. D'ailleurs, on sait bien, il s’était passé avec Potocki un cas pratiquement classique de la propagande d'incendie — une cigarette non éteinte a créé un incendie dans la maison! Et je ne sais pas si c'est arrivé ici ou quelque part au palais…
 

Paris. 25 Avenue Friedland. L'hôtel Potocki.

Deux miroirs « se regardent » : l’un de la porte et l’autre au-dessus de la cheminée.
 

Paris. 25 Avenue Friedland. L'hôtel Potocki.

Paris. 25 Avenue Friedland. L'hôtel Potocki.

DSC_8015

Ce fragment qui décorait les murs du palais de madame de Pompadour n’existant plus à présent, Nicolas a acquis à part.
 

Voici ce que raconte de cette pièce Ludmila Golytcheva : "Les boiseries de chêne habille les murs du fumoir. On croit que c’étaient les moines capucins qui ont commencé les premiers ce genre de traitement du bois. Louis IV a interdit d'utiliser la dorure — tout l'or doit être dans le trésor royal. Alors ces boiseries ciselées sont nommées "à la capucine ".  Dans la pièce, il y a aussi deux lambris avec des allégories des instruments de musique du salon musical de la marquise de Pompadour qui se trouvaient dans le château Saint Ouen qui lui appartenait quelque temps. En 1811, Vincent Potocki a acquis le château et probablement de cette façon, ils se sont retrouvés au palais.

Paris. 25 Avenue Friedland. L'hôtel Potocki.

Et bien entendu il y a la finition de bronze Christofle ! Reprenons souffle et remettons-nous en route. 
 

Paris. 27 Avenue Friedland, maison Potocki

Derrière ces portes à miroir se cache encore une entrée aux appartements d’Emmanuella mais c’est un endroit foncièrement intime, participant des mystères féminins – le boudoir ! Aujourd’hui il est loin d’être un boudoir : tant pis ! 
 

Une autre salle c’est un salon spacieux, où Emmanuella faisait de la musique.
 

Paris. 27 Avenue Friedland, maison Potocki

Dans les voyages, j'ai rencontré peu de miroirs sur les cheminées mais dans ce palais, c’est une chose normale.
 

Faites attention aux murs où est disposée la collection d'œuvres du célèbre peintre, écrivain et corsaire français Louis Garneray (Ambroise Louis Garneray (1783-1857). Elle est intitulée "Ports de la France" et porte sur les toiles mi-fines les vues de tous les ports de la France célèbres au XIXème siècle.

Paris. 25 Avenue Friedland. L'hôtel Potocki. .Paysages Louis Garneray.

Le port de Marseille. À propos, la statue de la Sainte Vierge Marie qui se trouve maintenant sur ​​une colline à Marseille est construite aussi selon les méthodes de galvanoplastie et approximativement à la même époque.
 

Malheureusement, les époux Potocki sont mal assortis. Elle n'avait que 18 ans quand ils se sont mariés et assez vite, il a commencé à la négliger. Lui passe pour un être frustre et illettré. On dit même qu’à 17 ans, il ne savait toujours pas lire… Cavalier émérite et grand chasseur, il est fier de ses attelages. S’il ne s’intéresse qu’à ses chevaux et magnifiques équipages, la comtesse, frustrée dans ses affections, porte assistance aux chiens abandonnés. Elle se moque des titres dont son mari s’enorgueillit : membre de la Société d’entraînement hippique de Rambouillet ; président de la société de pêche « Le Carpeau » ; second président du Cercle de l’Étrier.
Ils avaient des natures vraiment trop différentes et en 1887, Nicolas et Emmanuella se séparèrent, de corps et de biens en 1901, sans avoir eu d’enfants. Le salon continuera à se tenir rue Chateaubriand chez sa mère, puis à partir de 1901 à Auteuil. Emmanuella se rendit hors de la ville, non loin du Bois de Boulogne. Elle accepta ses admirateurs, mais ses ressources n’étaient plus les mêmes qu'auparavant. Après la mort du comte en 1921, il ne semble pas que la princesse se soit remariée, peu à peu la plus belle femme de Paris se transformait en recluse méchante passant tout le temps avec ses chiens et méprisant les gens. Elle soigna éperdument les chiens malades puis a disparu tout à fait de la vue. Devenue extravagante, elle passe même pour un peu folle : on dit que tous les matins elle jette de son balcon ses affaires de la veille. Elle est morte dans la misère et dans la pleine solitude, entourée de ses chiens. Les gens qui la connaissaient même écrivaient qu’on a retrouvé son corps avec celui de son dernier lévrier, dévorés par les rats.
En effet, elle a passé ses dernières années dans la solitude et la pauvreté relative, mais elle est morte dans un hôpital pour les pauvres, où on l’a amenée après qu’elle était tombée promenant ses chiens. Elle repose au Père Lachaise.

Paris. 25 Avenue Friedland. L'hôtel Potocki, bibliothèque.

Outre les tables et les fauteuils mentionnés précédemment, il y a aussi une partie de la bibliothèque conservée de l’époque des Potocki.
 

Les vraies passions de Nicolas étaient la chasse et les chevaux. A la campagne, il possédait une maison de chasse, des parcelles de forêt et il invitait tout l'élite de Paris à la chasse.
Le Président de la République Félix Faure et le Grand-duc Alexeï Romanov étaient parmi ses hôtes. Nicolas était le président de l’élitiste Jockey-Club, il avait des chevaux de race les plus précieuses. Même le Président de la république lui empruntait ses quatre chevaux blancs magnifiques. Le tableau représentant cet cet équipage se trouve jusqu'à présent chez les héritiers de la famille …Il a fait construire dans son hôtel des écuries véritablement royales. C’était aussi une curiosité de Paris les seules écuries de l’ampleur et du chic si considérables. Les remises pouvaient contenir 60 voitures et les pouvaient héberger 38 chevaux ! Les chevaux avaient un abreuvoir du marbre rose et et des stalles en acajou ; il y avait une piscine avec l'eau chaude et froide du marbre blanc, une douche, un sauna, partout des fleurs naturelles étaient placées. Il était si fier de ses écuries, qu’il y a même célébré la pendaison de crémaillère. C'était une réception aux costumes du style Louis XIV…

Le grand-duc Alexeï Alexandrovitch Romanov (à droite) et le comte Nicolas Potocki à la chasse en France.
 

Le comte ne s’est pas remarié, après le départ d’Emmanuella les réceptions ne sont plus organisées à l’hôtel rue Friedland. Après la Guerre, il fréquenta des danseuses de cabaret du Moulin Rouge, il continua à s'occuper de la chasse, vivait souvent dans la banlieue pour être plus rapproché à ses fermes. Les habitants de cette petite ville ont même appelé une de son nom — maintenant à Rambouillet il y a une rue Nicolas Potocki. Le comte était généreux et pendant la guerre transforma sa propriété en hôpital militaire les blessés, aida à financer la construction du célèbre théâtre parisienne – Théâtre des Champs Élysée. Il est mort à Paris le 3 juin 1921. Il eut des funérailles presque nationales à l’église Saint-Philippe du Roule, en présence du maréchal Pétain, de la duchesse d’Uzès, du duc et de la duchesse de Luynes, du comte et de la comtesse de Castellane. Il repose à Montrésor aux côtés de ses parents.
Ses dernières années il a vécu auprès d’une femme ordinaire, vendeuse de la célèbre pâtisserie parisienne, Mathilde Avignon. Ils n’avaient pas d’enfant et c’est à elle qu’il a légué une grande partie de sa fortune. Après sa mort un scandale a éclaté de nouveau. Les parents de sa mère Emilia n’ont pas supporté qu’ils n’ont presque rien obtenu de lui.  Ils ont mis en jugement une déclaration que le testament a été rédigé en état de la  démence. Mais ils ont échoué le procès. Selon le testament, son parent de Lantsout Alfred Potocki a reçu le palais qu’il a vendu bientôt et revint en Pologne. La Chambre de commerce et d’industrie de Paris lui a alors racheté l’hôtel.

Les écuries luxueuses de Potocki se trouvaient quelque part ici.
 

Mais ainsi commence tout à fait une autre histoire. Les écuries élégantes ont été démolies, plusieurs locaux ont été transformés en salles pour séminaires et réceptions pour les invités importants de la Chambre de commerce et d’industrie. On a ajouté quelque constructions. Ces murs ont vu beaucoup de présidents, même la reine d'Angleterre y a rendu visite dans les années 30.
Et en dernier lieu, voici encore quelques intérieurs du palais conservés et deux nouveaux, construits à l’époque de la Chambre de commerce et d’industrie.

L’escalier secondaire.
 

Париж. Авеню Фридлянд. Дом Потоцкого. Внутренняя лестница.

Paris. 25 Avenue Friedland. L'hôtel Potocki.  Eglise d'accueil.

La chapelle de maison de Potocki se trouve un peu plus loin dans l’avenue Friedland.
 

Les deux salles suivantes sont apparues après les Potocki. Celle-là, aménagée par le célèbre décorateur Jacques-Emile Ruhlmann est apparue la première, on l’a ouverte en 1927. C’est ici qu’a eu lieu la réception à l'occasion de l'ouverture officielle de la Chambre de commerce et d’industrie.
 

La Grande Salle à manger art déco, achevée en marbre rose, utilisée aujourd’hui pour l'accueil de chefs d'entreprise, a été aboutie par les architectes Viard et Dastugue en 1936. Ils s'occupaient de la reconstruction du palais après qu’Alfred Potocki l’a vendu à la Chambre de commerce et d’industrie en 1923. Il semble qu'elle a été construite notamment au lieu d'anciennes écuries de Potocki. 
 

Paris. 25 Avenue Friedland. L'hôtel Potocki

La galerie de tous les présidents de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, à partir de sa création par Napoléon en 1803.
 

L'hôtel particulier des Potocki, immense et luxueux a frappé et jusqu'aujourd’hui émerveille les Parisiens. Il n’existe plus à Paris d’hôtels privés des dimensions et d’une ampleur pareilles. Mais Nicolas prétendit faire renaître la gloire et le luxe des Potocki. Même l'hôtel particulier Rothschild qui se trouve au en face dans la même rue, est beaucoup plus modeste. Les employés du palais gardent dans la mémoire sa belle histoire et ses traditions. Sur la photo c’est une scène d'un petit spectacle avec l'imitation de la séance du « Club des défunts Sentimentaux » et du tableau de Jean Béraud. 


Les photos ont été prises le 16 juillet 2013


Passer à la première page 

Добавить комментарий

Ваш e-mail не будет опубликован. Обязательные поля помечены *